Pomme réconforte le La Tulipe !

The following two tabs change content below.

Après avoir fait un passage remarqué aux Francos de Montréal en juin dernier alors qu’elle assurait la première partie du spectacle de Camille, Pomme continue de charmer le public québécois avec une mini-tournée dans la province afin de promouvoir son tout premier album, À peu près, paru en 2017. D’abord prévu à la Sala Rossa mais déplacé au La Tulipe pour répondre à la forte demande, le concert intime d’hier à Montréal a mis un baume sur la froideur paralysante de novembre.

Visiblement étonnée et émue de voir autant de gens entassés pour la voir se produire sur scène, Claire Pommet de son vrai nom a débuté le concert avec un léger pépin technique avec sa guitare, accroc qu’elle a géré avec une simplicité rafraîchissante et un humour rassembleur qu’elle a conservés tout au long de la soirée. Grâce à sa voix singulière, l’auteure-compositrice-interprète n’a pas tardé à complètement obnubiler le public, normalement assez bruyant et dissipé dans ce genre de salle rappelant l’ambiance d’un bar. Le temps a littéralement semblé s’arrêter chaque fois qu’elle ouvrait la bouche pour offrir une envolée lyrique à la fois majestueuse et stupéfiante.

Devant des spectateurs aussi généreux, attentifs et pantois, la chanteuse française de 22 ans a rapidement affiché une attitude décontractée et attachante qui contrastait joliment avec la mélancolie troublante de ses textes baignant dans un savant mélange de folk et de po. Après la magnifique et bouleversante La Lavande sur laquelle elle demande de mourir maintenant et de renaître au printemps, Pomme a déclaré que c’est ce que la majorité des Québécois pense lorsque l’hiver émet des températures glaciales! Ce type d’intervention a autant réchauffé et fait sourire la salle que les douces mélodies de À peu près, Adieu mon homme et De là-haut.

Celle qui a commencé à l’âge de 12 ans en faisant des reprises sur YouTube réservait de belles surprises à ses admirateurs. En compagnie de Safia Nolin et Philémon Cimon, qui s’est également chargé du premier acte de la soirée, Pomme a revisité à sa planante sauce Qui a tué grand-maman de Michel Polnareff qu’elle a spontanément rebaptisé Michel Paul Daraîche, blague qui bien fait rire les spectateurs et Safia. Cette dernière a également rejoint son amie sur l’excellent titre On brûlera qui traite avec brio de rupture amoureuse et d’intolérance. Leurs deux voix se mariaient tellement à merveille qu’on aurait bien pris plus qu’une chanson de leur part!

Un autre duo qui a extrêmement charmé a été celui que Pomme forme avec son inséparable et envoûtante autoharpe. Leur somptueuse harmonie incitait à se fermer les yeux pour savourer pleinement la magie artistique qui s’opérait. En fin de parcours, Pomme a démontré que son inventive poésie peut également s’attaquer à des sujets plus légers afin d’extraire leur lourdeur en offrant Ceux qui rêvent qui a pour thème principal l’insomnie.

Puisqu’elle angoisse au sujet des rappels et de la réception des gens, elle a brillamment fait promettre à son public de lui accorder une ovation enflammée pour avoir droit à un bref retour sur les planches. Le public a sagement obéi, ce qui lui a valu le droit d’émettre une demande spéciale. Pomme a opté pour la pièce Sans toi issue de son EP En cavale. La réception animée de l’audience qui a chanté en cœur les paroles devant une Pomme qui contenait tant bien que mal ses émotions a prouvé que, demande ou pas, les gens auraient chaleureusement remercié l’artiste pour ces soixante minutes absolument réconfortantes et enivrantes.

Crédits Photos : Stéphanie Payez/Éklectik Média 

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *