Portrait-robot : une captivante chasse aux visages

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Dès demain (jeudi 15 avril), Portrait-robot, une nouvelle série québécoise originale, sera disponible sur la plateforme Club Illico qui compte maintenant plus de 700 000 abonnés. Le terme original prend ici tout son sens puisque ce thriller psychologique et policier comprenant 10 épisodes de 60 minutes propose une facette assez méconnue du milieu policier : le métier de portraitiste.

La série suit le quotidien d’une unité d’enquête qui compte quatre experts. Rachel Graton incarne Ève Garance, une efficace portraitiste bipolaire qui est capable de lire dans les émotions et les souvenirs flous des victimes afin de reconstituer des visages crédibles. Parallèlement, elle tente d’imaginer de quoi aurait l’air aujourd’hui son bébé disparu depuis 5 ans. De son côté, Sophie Lorain campe la cartésienne directrice et experte en analyse et en planification stratégique Maryse Ferron. Elle se promène en fauteuil roulant depuis un événement tragique qui lui a causé une maladie des os inventée de toutes pièces.

Rémy Girard interprète le détective Bernard Dupin, surnommé le Molosse à cause de son caractère acariâtre et ses préjugés, mais cette façade cache une lourde peine… Finalement, le nouveau venu Adrien Belugou joue Anthony Kamal, un technicien de scènes de crime récemment diplômé qui apporte un vent de fraîcheur à l’équipe, même si sa relation avec le Molosse s’avère assez particulièrement tendue…

L’idée de base de la série est inspirée de la pièce La nuit du 4 au 5 écrite par Rachel Graton qui relate les diverses étapes d’une dénonciation d’une agression sexuelle dont la création d’un portrait-robot. Au départ, Sophie Lorain et Alexis Durand-Brault, avaient acquis les droits de la pièce pour l’adapter au cinéma avec leur compagnie Also Productions. Finalement, le filon était trop riche et, sous la plume d’André Gullini, de son propre aveu un geek des séries policières et des films de superhéros, s’est transformé en une série policière qui se démarque des autres fictions du genre.

Réalisée par Alexis Durand-Brault (épisode 1 à 6) et Yan Lanouette-Turgeon (épisode 7 à 10), Portrait-robot possède une facture visuelle sombre et morose fort crédible qui évoque la série Mindhunter sur Netflix et l’œuvre du réalisateur David Fincher (Zodiac, Gone Girl). Les conceptions graphiques servant à illustrer la reconstitution des portraits sont artistiques et impressionnantes. Le spectateur aimera tenter de deviner jusqu’à la dernière seconde le dévoilement d’un visage familier ou pas. Bref, l’effet de suspense est réussi. Il est également agréable de plonger dans le point de vue d’une portraitiste, d’autant plus que la composition de Rachel Graton est complexe et délicieusement mystérieuse. La comédienne a fait des recherches pour incarner la bipolarité de manière nuancée et offrir un portrait juste d’un métier rare qui nécessite de nombreuses compétences éclectiques. Il existe que 6 portraitistes au Canada.

La diversité et la psychologie dense des personnages principaux accrochent d’emblée même si ceux-ci se dévoilent au compte-gouttes. La saison va boucler cinq intrigues en plus d’explorer la quête d’Ève. L’ensemble de la distribution excelle. Au bout de deux épisodes, les personnages sont tous attachants à leur façon et on souhaite découvrir ce qu’ils refoulent. Plusieurs acteurs graviteront autour de l’unité d’enquête dont Romane Denis, Hubert Proulx, Marie Turgeon, Kathleen Fortin, Rémi Goulet et Jean-François Pichette dans le rôle d’un psychopathe qui désire se repentir.

Crédits Photos : Yan Turcotte

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