Prélude à La nuit des rois : un poignant et attrayant avant-goût

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Dans un monde sans pandémie, le TNM aurait ouvert sa saison 2020-2021 avec une relecture moderne de La nuit des rois de William Shakespeare. Question de faire patienter les amateurs de théâtre avides de nouvelles créations, l’équipe derrière la production a décidé de produire un prélude virtuel à l’œuvre qui sera finalement sur les planches pour la saison 2022-2023.

D’une durée approximative de 55 minutes, Prélude à La nuit des rois est disponible jusqu’au 18 octobre sur le site Internet du Théâtre du Nouveau Monde. Sous aucun prétexte il ne vous faut manquer ce laboratoire de création imaginé par Frédéric Bélanger et Thomas Payette ,car il offre non seulement un sublime avant-goût de la pièce mais aussi un produit respectant tous les codes du web pour que l’expérience du téléspectateur soit totalement optimale. 

Rappelons d’abord les grandes lignes de l’histoire traduite et adaptée par Rébecca Déraspe et Frédéric Bélanger. À la suite d’un naufrage qui a décimé toute sa famille, Viola (Ève Landry) est propulsée en Illyrie. Ayant perdu tous ses repères, elle décide de prétendre être un homme. C’est alors que Viola fait la rencontre du duc Orsino (Jean-Philippe Perras) qui lui demande de charmer en son nom la femme qu’il aime, Olivia (Marie-Pier Labrecque). Or, Viola s’amourache d’Orsino alors qu’Olivia s’éprend éperduemment…de Viola.

Dans ce jeu de quiproquos d’apparence simple, l’intemporalité du texte de Shakespeare rayonne. À travers une ambiance sombre et des costumes élégants, la poésie règne en maître. Les téléspectateurs ressentent d’emblée l’ivresse et la terrible angoisse d’aimer. Opposant le désir à l’amour et le masculin au féminin, la prémisse soulève des enjeux actuels dans une facture moderne qui ne dénature jamais la ligne directrice de la prémisse , bien au contraire.

Présentées sur une toile géante, les vidéos des personnages qui s’enfoncent dans une mer glaciale représentant leurs sentiments et tourments désemparés impressionnent sur le plan visuel et ajoutent efficacement un impact symbolique à la pièce. L’idée d’inclure des chansons à saveur électro directement sur scène est également originale et bien exécutée. Elle confère à l’œuvre un aspect vidéoclip qui maintient le spectateur fermement rivé à son canapé! C’est le groupe Gustafson composé de Jean-Philippe Perras et Adrien Bletton qui performent et ont confectionné les accrocheurs titres.

La distribution excelle, spécialement Ève Landry dans un délicieux contre-emploi. Sa prononciation est sans faille et son dévouement est tout simplement magnétique. L’insolence et la douce folie de Benoît McGinnis provoque également des étincelles. CLIQUEZ ICI POUR VOUS PROCURER DES BILLETS.

Crédits Photos : Yves Renaud

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