The Broken Hearts Gallery : ces ruptures qui font du bien

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Marie-Claude Lessard

Même si The Broken Hearts Gallery a joui d’une sortie en salle en bonne et due forme au Québec pendant l’été, la pandémie et l’arrivée exactement le même jour de la suite tant attendue de la saga pseudo-érotique After ont fait en sorte qu’il est malheureusement passé inaperçu au box-office.

À tort, le manque de promotion envers l’œuvre a probablement fait croire aux cinéphiles qu’il s’agissait d’une romance sans intérêt qui était à l’affiche uniquement pour combler un manque de nouvelles superproductions. Maintenant que le film est disponible sur tous les services de vidéo sur demande, il est temps de remédier à la situation en accordant un moment à la comédie romantique la plus rafraîchissante et surprenante de 2020. 

Forte de ses expériences d’autrice pour les séries Gossip Girl, Red Band Society, Grey’s Anatomy et 90210 (Beverly Hills-nouvelle génération) , Natalie Krinsky continue de brosser des portraits pertinents d’héroïnes fortes, imparfaites et attachantes grâce à ce premier long-métrage qu’elle scénarise et réalise. Elle s’attarde ici à Lucy Gulliver (pétillante et incandescente Geraldine Viswanathan, que l’on peut voir dans le film BAD EDUCATION), une jeune femme qui travaille dans une galerie d’art et qui collectionne un objet pour chacune de ses anciennes relations amoureuses en guise de souvenir.

Après une autre rupture qui l’anéantie, ses meilleures amies l’encouragent fortement à se débarrasser de ses items toxiques, ce qui lui donne l’idée de créer une galerie où les gens peuvent venir eux-aussi déposer les objets qui leur empêchent d’avancer dans leur vie amoureuse. C’est alors que Lucy croisera la route de Nick (Dacre Montgomery, que l’on peut voir dans la série Stranger Things), un propriétaire d’hôtel qui, malgré ses réticences, a bien besoin de l’engouement que suscite la galerie…

The Broken Hearts Gallery sert tous les ingrédients auxquels on s’attend d’une comédie romantique destinée à un public majoritairement jeune et féminin : une protagoniste maladroite mais instantanément irrésistible, des personnages secondaires légèrement caricaturaux voués à détendre l’atmosphère, des prises de conscience menacées par le retour d’un ex qui a subitement changé pour le mieux, des mensonges difficilement pardonnables et un festival de quiproquos futiles. Mais le tout se mélange à merveille!

À travers une réalisation dynamique, Krinsky déconstruit bien les clichés. Elle s’amuse avec eux pour proposer des situations universelles réalistes et intéressantes. À l’intérieur de répliques mordantes et de pistes de réflexion justes et actuelles sur la complexité du cycle amoureux à l’ère du numérique, la cinéaste n’oublie jamais de faire rêver les spectateurs sans feux d’artifice quétaines. La place de taille qu’elle réserve à la diversité corporelle, culturelle et sexuelle est magnifiquement complémentaire aux intrigues sans ne jamais être assommante et moralisatrice.

Même si elle répond à la dynamique Je te méprise avant d’apprendre à te connaître réellement , la relation entre Lucy et Nick déploie des moments étonnants, amusants et attendrissants. La chimie opère, et pas seulement parce que le script le dicte. On s’attache à Lucy et à sa bande tout au long des 109 minutes que dure le film, souhaitant même être un membre du clan. Au-delà du thème de la rupture abordé sous diverses formes, le film explore avec brio et finesse d’autres sujets sous-jacents comme l’abandon,  les deuils familiaux, l’affirmation dans les relations amicales, la solitude et l’importance d’être soi malgré les pressions sociales.

3.5

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