La renarde et le mal peigné  : une première fabuleuse

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Vendredi soir, le 16 avril, nous avons eu l’immense privilège d’assister à la première du Spectacle littéraire La Renarde et le mal peigné,  présenté au Théâtre du Nouveau Monde, et mettant en vedette Marie Tifo et Pierre Curzi, dans une mise en lecture de Lorraine Pintal. Une atmosphère festive et touchante en même temps nous attendait dès notre entrée dans le théâtre. Par la suite, une haie d’honneur formée par les employés du TNM attendait les spectateurs qu’ils ont chaudement applaudis, à l’arrivée de chacun d’eux.

L’arrivée de Madame Pintal, fortement applaudie, avec son petit mot de bienvenue et son célèbre Si vous avez des bonbons, veuillez les déballer avant le début de la pièce. 400 jours que le TNM comme tous les autres théâtres d’ailleurs, était fermé ce qui donnait une émotion particulière autant de la part de Lorraine Pintal que de celle des spectateurs. Le spectacle consistait en la lecture de la correspondance que Pauline Julien et Gérald Godin ont échangée pendant plus de trente ans (1962 à 1993), une correspondance par moment fort intime et même crue, il faut dire que Gérald Godin a toujours appelé un chat, un chat, mais combien sincère. En d’autres moments, nous aurions pu penser qu’ils échangeaient un dialogue un en face de l’autre. Pour interpréter ce couple transi d’amour, qui d’autre qu’un autre couple transi d’amour, soit Marie Tifo et Pierre Curzi aurait pu mieux faire?

Avec les premières lettres, au tout début de leur relation en 1962, le vouvoiement était présent, on pouvait cependant sentir la tournure que prenait leur relation au fur et à mesure que la lecture se poursuivait et au cours de laquelle nous avons pu entendre que certain passage étaient plus coquins. Cette correspondance nous a aussi permis de se rappeler certains grands événements: la période d’Expo 67, les événements d’octobre 70, leur emprisonnement, la carrière de Pauline, ses voyages en France pour y chanter, la carrière de Gérald comme journaliste à Trois-Rivières,  puis comme politicien à Québec. Ce fut aussi l’occasion de réentendre des enregistrements de Pauline, notamment J’ai l’âme à la tendresse (Pauline Julien et François Dompierre, Déménager ou rester là (paroles Réjean Ducharme, musique Robert Charlebois), Le rendez-vous (paroles Gilles Vigneault, musique Claude Léveillé).

Comme il s’agissait d’un spectacle littéraire, on ne pouvait pas s’attendre à des décors et des costumes d’époque. Tout était minimaliste, et c’est ce qui donnait de la valeur au tableau. Mais quelle lecture ils nous ont offerte, une lecture à la hauteur de leur talent de comédiens. On sentait dans leur performance les mêmes émotions que dans l’écriture de Pauline et Gérald. Quant au décor, des photos, en fond de  scène,  tantôt du couple, parfois de Pauline seule, à d’autres moments, Gérald seul. À l’occasion,  quelques pas de danse venaient illustrer l’enthousiasme dans la lettre de Gérald.

Une lecture qui nous a permis de faire plus ample connaissance avec ces deux êtres hors du commun qui se sont toujours aimés follement. La pièce La renarde et le mal peigné sera disponible au TNM jusqu’au 25 avril et mis en ligne à compter du 14 mai jusqu’au 30 mai.

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