Lynda Lemay : raconter le monde, une histoire à la fois

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Marie-Claude Lessard

Après un passage remarqué aux Francos de Montréal, Lynda Lemay a fait sa première halte en carrière au Festivoix de Trois-Rivières le 30 juin dernier, soit le premier jour de la 29ième édition. Pour ce premier spectacle extérieur de la tournée La vie est un conte de fous, la prolifique autrice-compositrice-interprète avait la lourde tâche de réduire à 90 minutes son concert de trois heures. En compagnie de son fidèle complice, le talentueux multiinstrumentiste Claude Pineault, Lynda Lemay a réussi à garder l’âme de son spectacle à travers un tourbillon de larmes et de rires.

À l’origine, La vie est un conte de fous est un amalgame de pièces tirées des 5 premiers albums de son colossal projet de 11 albums de 11 chansons en 1 111 jours, de grands succès et de demandes spéciales. Pour les Trifluviens présents présents à la charmante place du monastère, le concert a plutôt mis de l’avant les compositions offertes depuis 2020.

La vie est un conte de fous

Le sens du récit incomparable de l’artiste a donné lieu à plusieurs moments forts, que ce soit les questions existentielles si vraies de La grande question, la déchirure de voir sa mère dépérir et de ne plus savoir comment aider avec Ta robe, la masculinité toxique de Paul aime Paul, la torture d’une transidentité qu’on peut vivre au grand jour avec Mon drame ou encore un amour impossible crève-cœur avec De tes rêves à mes rêves. La véracité des textes et les images si poétiques et brutes qu’ils véhiculent touchent tellement droit au cœur que le public ne pouvait faire autrement que d’être attentif, admiratif et participatif.

Au chapitre des chansons plus légères qui permettent de souffler, les spectateurs ont été servis avec des titres jubilatoires comme le jouissif plaidoyer contre La visite, la chronique sur les cyclistes dérangeants Tête de bouchon, Maintenant que les hommes avec la même mélodie, les indémodables Souliers verts (et ce, au grand dam de l’interprète), le retour des écoliers en présentiel au détriment de la Pauvre Mme Potvin et les ravages caricaturaux de la vieillesse avec Ma Zombie.

la vie est un conte de fous

L’analyse ludique que Lynda Lemay fait des succès plus anciens de son répertoire est intéressante et nous pousse nous-mêmes à réfléchir autrement à ses textes, à leur portée aujourd’hui et à subtilement réaliser à quel point la vie évolue trop vite et trop lentement à la fois.

En guise de surprise, la Trifluvienne Fabiola Toupin, qui a fait partie de l’opéra folk Un éternel hiver conçu par Lynda Lemay, l’a rejointe sur scène pour une livraison bien spéciale et émouvante de l’incontournable Le plus fort c’est mon père, qui est devenue encore plus touchante pour la chanteuse depuis que l’homme ayant inspiré cette œuvre a quitté ce monde de fous…

La vie est un conte de fous

Bref, qu’elle dispose de 90 minutes ou du double, Lynda Lemay parvient à divertir et émouvoir avec sa voix encore bien en forme et pleine d’humains, qu’elle raconte une histoire à la fois…

Les trois prochains albums du projet Il était onze fois devraient sortir au courant de l’automne.

Crédits Photos : Stéphanie Payez, Éklectik Média