Martin Théberge

Martin Théberge: faire renaître l’oeuvre de Lelièvre

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Stéphanie Payez

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C’est dans la salle Claude-Léveillée de la Place des Arts que les mots de Sylvain Lelièvre ont résonné dimanche dernier avec le spectacle Martin Théberge chante Sylvain Lelièvre. Un son de pluie en ouverture suivi de l’union frappante du piano de Benoit Sarrasin et du violon de Francis Covan ont levé en toute légèreté le voile de cette mise en scène signée Joe Bocan.

Quelques lampes abat-jours situées en dessous du piano apportaient une luminosité très intimiste, mais également un sentiment d’époque dans laquelle nous allions plonger grâce à la voix de Martin Théberge. Le bruit d’eau qui coule et qui fait tant voyager s’est joint à cette atmosphère qui nous invitait à découvrir ou redécouvrir le répertoire de Sylvain Lelièvre en commençant par sa chanson Le fleuve.

Crédit photo : Stéphanie Payez / Éklectik Média

Contrairement aux spectacles hommages habituels, Martin profitait des pauses de chansons pour réciter des textes de Sylvain, ce qui nous permettait de s’imprégner totalement de la richesse de son répertoire. Que ce soit dans la parole ou dans le chant, Martin Théberge a su nous garder captif autant dans sa prestance qui rejoignait cette salle comble d’un bout à l’autre de son demi-cercle, mais aussi dans ses interprétations qui ont toutes été faites avec une belle retenue.

Bien sûr, des chansons coup de cœur ont rejailli comme les merveilleuses Toi l’ami et Ton épaule m’attend, mais celle qui a pris une ampleur particulière dans ce spectacle, c’est la pièce Tôt ou tard. En effet, dans un trio piano, guitare et voix, cette chanson nous a transporté dans la personnalité engagée de Sylvain. Une chanson qui parle du réchauffement climatique et que l’on peut clairement considérer comme une pièce futuriste tant chacun des mots qui l’habille prenne sens aujourd’hui.

Crédit photo : Stéphanie Payez / Éklectik Média

Martin Théberge , qui ressent une profonde admiration pour Sylvain Lelièvre, et ce, depuis plusieurs années, peut se sentir fier d’avoir pu nous présenter ce riche répertoire. Encore plus lorsque Danielle Oddera, grande amie de Sylvain, a fait son entrée sur scène pour partager la chanson Venir au monde et remercier Martin de l’avoir ressuscitée l’espace d’un instant. Un moment suspendu dans le temps, tant le respect envers cette grande dame régnait sur la scène et au sein du public. La surprise s’est poursuivie avec Danielle qui, seule sur la scène, nous a interprété avec une immense intensité Neige au soleil. 

Dans ce spectacle où les instruments et les textes s’enchaînaient au même rythme, Martin Théberge nous a véritablement surpris par sa qualité d’interprétation et son profond respect pour l’œuvre de Sylvain Lelièvre. Lui qui souhaitait donner un second souffle à son œuvre a réussi son pari en plus de lui donner la chance de renaître avec une chanson jusqu’à aujourd’hui inédite intitulée Nouveau monde. Une belle manière de clore ce spectacle qui continuera sa route vers Matane et Gatineau dans les prochains mois ainsi que de nouveau à Montréal au Lion d’Or en octobre.