Amélie Beyries

BEYRIES au Corona : enivrante et marquante rencontre

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Marie-Claude Lessard

C’est dans une pénombre bleutée que BEYRIES a débuté hier soir sa première médiatique montréalaise au Théâtre Corona. Bien installée au centre de la scène , l’auteure-compositrice-interprète a offert une séduisante introduction de sa pièce What we have, qui prenait des allures d’un jazz langoureux pour l’occasion. Le ton était déjà donné. Ce vendredi soir ne pouvait qu’être doux, enveloppant, magique, rassembleur et galvanisant. Et dès qu’Amélie Beyries a ouvert la bouche pour une note enivrante, le qualificatif inoubliable s’est instantanément rajouté  à la liste

Accompagnée magnifiquement et énergiquement par les musiciens Amélie Mandeville, André Papanicolaou, Marc Chartrain et Sheenah Ko, la chanteuse, splendide dans son ensemble pailleté lui donnant de fabuleux airs de RoboCop selon ses dires , a réussi un exploit de taille et non négligeable lors de ce concert : réduire la foule habituellement bruyante et bigarrée du Corona au silence. Plus précisément un silence admiratif teinté d’exclamations spontanées causées par son impressionnant talent.

Amélie Beyries
Crédit photo : Stéphanie Payez / Éklectik Média

Convié à rencontrer 9 des 11 chansons de son excellent deuxième album Encounter paru en novembre 2020, le public a eu droit à un moment marquant et unique qui racontait avec authenticité et originalité l’amour, la mélancolie, la fragilité de la vie et l’évasion. Pendant ces deux années semées d’incertitudes pandémiques qui ont suivi la sortie de l’album, BEYRIES a évidemment eu le temps de leur apporter de nouvelles couleurs aussi grisantes et magnétiques que celles contenues sur l’opus. Et l’attente en valait vachement la peine!

Amélie Beyries a servi des arrangements à la fois simples et plus grands que nature qui ont fait un bien énorme à la foule d’un Corona affichant presque complet.  L’auditoire se délectait sans trop se censurer des surprises dans les arrangements que réservait BEYRIES avec son band. De l’ajout de la guitare électrique pour mousser davantage la sensualité de Keep it to Yourself au terriblement efficace solo rock sur Story of Eva solo en passant par la puissante percussion de Great Green Eyes et le refrain salvateur d’Over Me.

Amélie Beyries
Crédit photo : Stéphanie Payez / Éklectik Média

Autrement dit, Amélie Beyries a enjôlé bien des oreilles durant ce concert. En fait, chaque note aigue et chaque une note éraillée lors du dernier mot d’une phrase déclenchaient un tourbillon de frissons qui n’a pris fin qu’au bout d’une centaine de minutes satisfaisantes bien que trop courtes. L’interprète a également charmé avec son sens de l’humour, notamment lors de la douce livraison de la reprise de To Love Somebody des Bee Gees, la plus belle chanson d’amour selon elle. Lors des derniers miles de cette relecture qui a joué lors d’un épisode de la dix-septième saison de Grey’s Anatomy, BEYRIES a offert un sympathique moment en traduisant fidèlement avec l’aide de ses msusiciens choristes le refrain dans le langage québécois familier. Le Corona va se souvenir longtemps de Oh non tu sais pas qu’est ce que c’est d’aimer kekun comme je t’aime toé!

Évidemment, de grands succès appréciés par le public issus de son album précédent, Landing, et du EP BEYRIES en français ont aussi fait partie de la sélection. Impossible de ne pas mentionner les incontournables Pursuit of Happiness et Je pars à l’autre bout du monde qui a bénéficié d’une touchante version à la guitare acoustique agrémentée de la jolie voix d’Amélie Mandeville. Une autre pièce en français a séduit le public, Nous sommes, écrite en collaboration avec le fidèle complice de BEYRIES, Maxime Le Flaguais. Cette pièce a été l’occasion pour la chanteuse d’annoncer une excellente nouvelle : un album entièrement en français est en chantier! Comme ça promet!

Amélie Beyries
Crédit photo : Stéphanie Payez / Éklectik Média

À deux chansons de la fin, rappel de J’aurai 100 ans en duo avec le talentueux André Papanicolaou inclus, un moment de grâce sur la disgrâce humaine. Hymne rassembleur sur le manque d’unité, la puissante Graceless demande si les gens s’unissent enfin ou s’ils attendent que le Mal vienne les chercher en prenant pour exemple les marches de protestation à Kiev en Ukraine à cause de monstres humains avides de pouvoir et de célébrité. Bref, une chanson tristement prémonitoire qui, à l’image de sa créatrice, bouleverse autant qu’elle défoule…

BEYRIES part en tournée dans quelques villes du Québec à compter du 20 avril 2022. Tous les détails sont disponibles au beyries.com.

Crédits Photos : Stéphanie Payez, Éklectik Média