WhiteBox Play d’Angel Forrest : la sensualité du blues à son meilleur

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En ce jeudi soir où la température sur la Rive-Sud de Montréal hésitait entre être ensoleillée ou maussade, Angel Forrest inondait de son langoureux et festif blues la salle WhiteBox Play et son intime public d’une dizaine de personnes.

Présenté également en direct sur la plateforme virtuelle de WhiteBox Play, ce concert de près de deux heures a plongé tous ses spectateurs peu importe où ils se trouvaient sur un porche en Louisiane en pleine nuit chaude et étrangement sensuelle occupés à siroter le plus soyeux des whisky. Pieds nus,  vaporeuse robe maxi blanche , peignoir multicolore, longs pendentifs, Angel Forrest nous a transportés avec convivialité (et son chien étonnamment docile et nullement impressionné) dans son univers transparent et un brin délinquant. 

Après les techniquement irréprochables spectacles de France D’Amour et Lili-Ann De Francesco présentés la semaine dernière, Angel Forrest a également bénéficié d’une production impeccable concernant le son et les éclairages. Mais, soyons honnêtes, on aurait enduré une qualité visuelle médiocre tellement le contenu était extraordinairement jouissif.

Accompagnés des guitaristes Ricky Paquette et de son conjoint Denis Colombus, la chanteuse a offert un mélange de demandes spéciales, de classiques rock et de pièces issues de ses onze albums dont le plus récent Hell bent with grace qui porte judicieusement et parfaitement son nom, car on a droit à un moment de grâce sur scène chaque fois qu’elle la foule. Angel Forrest est définitivement l’une de ces artistes qu’il faut voir au moins voir live une fois, et cette fois vous convaincra de recommencer cette expérience extatique dès que l’occasion se représentera. Impossible de ne pas aspirer se sentir aussi libre et frivole qu’elle sur une base quotidienne!

Ce soir, elle ne chantait pas les pièces, elle les incarnait, les habitait, les vivait à l’intérieur de toutes les riches et rauques nuances que les cieux lui ont léguées en don. Sans effort, sans stress et dans un seul et même souffle vital, elle les a sorties de son âme torturée qui ne cesse de croire aux petites joies de la vie. Son talent transcendait l’impressionnante versatilité de sa tessiture vocale.

Au chapitre des titres poignants qui arrachent le cœur, l’interprète a livré avec conviction son touchant single The Blame Game traitant du suicide d’un être cher et une sympathique version acoustique de l’incontournable Piece of my heart de Janis Joplin. Mais la reprise la plus bluffante de la soirée a sans contredit été celle de The house of the rising sun de The Animals. De son propre aveu, Angel a appris la chanson afin que Ricky Paquette puisse épater la galerie avec son solo hallucinant. Et Dieu sait qu’il a subjugué celle de ce soir! Son sens du rythme comprend une dose d’émotion qui vient inexplicablement nous chercher. À ses côtés, Angel Forrest a propulsé ce classique à son paroxysme en étant si en transe que ses yeux se renversaient par moments.

Évidemment, pour équilibrer tout ça, la soirée a été ponctuée de délicieux instants amusants et spontanés qui prouvaient que le trio ne se prend aucunement sérieux et que leur seul but est d’unir les gens au pouvoir thérapeutique indétrônable de la musique. On a qu’à penser au fou rire d’Angel lorsque son chien a décidé de se servir impunément dans le verre d’eau de Ricky qui, visiblement occupé à séduire nos oreilles, regardait furtivement la scène, impuissant. Drôle et décontractée dans ses interventions, Angel Forrest nous a invités dans le processus créatif de quelques morceaux. Commentaires qui étaient souvent pertinemment agrémentés par ceux de son partenaire de vie, ce qui nous permettait de partager l’irrésistible complicité des trois amis.

Un autre moment impromptu absolument savoureux a été le souhait d’Angel d’offrir la chanson Volcano de Damien Rice en guise d’accalmie même si elle ne figurait pas sur la liste des chansons prédéterminées! Quel bon choix! La relecture était simple mais si émotive et efficace qu’elle nous faisait frissonner. Denis Columbus, qui sortira prochainement un opus country, a ainsi dévoilé son splendide registre vocal. La superposition de sa voix à celle de Forrest transpirait l’harmonie et la chimie. Un peu plus loin, un Ricky Paquette pas trop déstabilisé par le revirement de situation s’assurait que la mélodie percute le public délicatement, confortablement mais puissamment.

En fin de parcours, le combat western entre les guitaristes nous a donné le sourire aux lèvres et la certitude qu’on a besoin prochainement d’un autre spectacle de leur part pour survivre à ces temps troubles!

Crédits Photos : Stéphanie Payez, Éklectik Média 

2 comments

  1. J’aime tellement ecouter ta voix je m’ennivre a chaque fois je me transporte dans un autre monde, un monde de paix de joie je suis tout simplement et merveilleusement bien. Merci Angel

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